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Plastique de serre de jardin : 200 microns, anti-UV et dimensions, les choix qui évitent de refaire la pose

Laurent Guérin 6 min de lecture
Plastique serre de jardin 200 microns anti-UV et dimensions

Une bâche qui jaunit, se déchire au premier coup de vent ou laisse la condensation goutter sur les plants : le plastique d’une serre de jardin se choisit rarement par hasard. Entre le polyéthylène, les microns, le traitement anti-UV et les dimensions, quelques critères suffisent à acheter le bon film du premier coup. Voici comment les arbitrer, puis comment poser, entretenir et remplacer votre bâche.

Quel plastique pour une serre de jardin ?

Le polyéthylène, matière de base

La quasi-totalité des films de serre sont en polyéthylène (PE), parfois appelé Polyane. Ce sont le plus souvent des films multicouches de 3 à 7 couches : chaque couche peut porter une fonction différente (résistance, anti-buée, absorption des infrarouges, protection UV). Plus la structure est élaborée, plus le film se rapproche d’un usage professionnel.

Calculateur de taille de bâche pour serre tunnel

Saisissez la longueur d’un arceau et la longueur de la serre pour obtenir les dimensions de film recommandées.

Longueur développée de l’arceau, en mètres.
Longueur de la serre, en mètres.
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Transparent, translucide, thermique, diffusant, armé : les différences

Un film transparent ou « cristal » laisse passer un maximum de lumière. Un film translucide en adoucit le rayonnement. Le film thermique retient mieux la chaleur la nuit, le diffusant répartit la lumière et évite les points chauds, et le film armé ou renforcé est équipé d’une trame qui résiste mieux aux frottements et aux déchirures, au prix d’une luminosité un peu moindre. Le tableau ci-dessous résume les arbitrages.

Type de filmPoint fortPoint d’attentionUsage conseillé
Transparent (cristal)Luminosité maximaleLumière peu répartieCultures de printemps, serre bien ventilée
TranslucideLumière adoucieUn peu moins lumineuxPlants sensibles aux brûlures
ThermiqueConservation de la chaleurVentilation à soigner l’étéCultures précoces, hivernage
DiffusantLumière et chaleur homogènesChoix de qualité à vérifierSerre très ensoleillée
Armé / renforcéRésistance à la déchirureTransmission lumineuse réduiteZones ventées, usage intensif

Épaisseur, grammage et anti-UV : ce qui fait la durée de vie

150, 200 ou 300 microns ?

Une épaisseur inférieure à 150 microns est considérée comme peu résistante. Le 150 microns, en 3 couches, convient aux petites serres tunnel de jardin ; une bâche de corps de 18 m² (750 x 650 cm) dans cette épaisseur se trouve autour de 65 €. Le film cristal de 200 microns offre davantage de robustesse : une durée de vie de 7 à 8 ans est annoncée pour du Polyane 200 microns. On rencontre aussi des films jusqu’à 300 microns, tandis que les épaisseurs au-delà de 400 microns sont plutôt réservées aux structures d’abri. L’épaisseur améliore la résistance et l’isolation, mais peut réduire un peu la transmission lumineuse.

Comparaison visuelle des types de plastique pour serre de jardin : transparent, translucide, thermique, diffusant et armé
Comparaison visuelle des types de plastique pour serre de jardin : transparent, translucide, thermique, diffusant et armé

Micron et g/m² : ne pas confondre

Le micron mesure l’épaisseur du film, le grammage (en g/m²) son poids au mètre carré. Les deux évoluent ensemble, mais ils ne disent pas la même chose, et le nombre de couches ne s’y déduit pas. Certains vendeurs annoncent des grammages de 150 à 240 g/m² : comparez toujours des unités identiques.

Pourquoi le traitement anti-UV compte autant

Sans protection, les UV opacifient et fragilisent le plastique. Un traitement anti-UV ralentit cette dégradation, et certains fabricants le garantissent 5 ans. Il se mesure en kilolangleys : un traitement d’environ 600 kilolangleys correspond à une durée indicative de 6,5 ans dans le Nord, contre 4,5 ans en région PACA. La raison tient au rayonnement solaire, d’environ 90 kilolangleys par an au Nord, 120 à 130 dans l’extrême Sud, pour une moyenne métropolitaine de 100. Votre région influence donc directement la durée de vie réelle.

Lumière, chaleur et condensation : adapter le film à vos cultures

La transmission lumineuse des films varie de 45 à 90 %. Une thermicité de 80 % est présentée comme un gage de qualité. Pour un potager amateur, un film thermique prolonge la saison : il retient la chaleur accumulée dans la journée. Dans une région très ensoleillée, un film diffusant limite les brûlures de feuillage car la lumière arrive de façon plus homogène.

Le traitement anti-buée évite les micro-gouttes qui retombent sur les plants et favorisent les maladies : l’eau ruisselle le long de la paroi au lieu de goutter. Un film thermique exige en revanche une bonne ventilation en été, sinon la serre surchauffe.

Pensez enfin au plastique comme à un ressort : chaque saison, il se tend sous la chaleur, se détend au froid, et c’est ce cycle de dilatation répété qui l’use, bien plus que la pluie. Un film posé trop serré par temps froid se retrouve sous contrainte dès les premiers beaux jours, alors qu’un film posé trop lâche claque au vent et frotte sur les arceaux. C’est pourquoi la plage de pose de 12 à 25 °C n’est pas un détail : elle laisse au film de la marge dans les deux sens.

Dimensions, fixation et tension : réussir la pose

Calculer la bonne taille de bâche

Deux règles simples : la largeur de la bâche est égale à la longueur d’arceau plus 1,50 m, et la longueur égale la longueur de la serre plus 30 cm. Ces marges servent à enterrer ou à fixer les bords. Les films en bobine existent en largeurs de 4,50 m, 6,50 m, 7,25 m, 8,50 m, 10,50 m, 12,50 m et 14,50 m. Les films prédécoupés couvrent des longueurs de serre de 3 à 10,5 m, pour des surfaces de remplacement de 9, 12, 18 ou 24 m².

Fixer et tendre sans abîmer le film

Selon la serre, la fixation se fait par clips, par ourlets avec cordelette ou par barres à clips. Pour enterrer les bords, creusez une tranchée de 20 cm de large sur 30 cm de profondeur, décalée de 10 à 15 cm par rapport à l’arceau. Posez le film par temps calme et entre 12 et 25 °C, puis tendez-le progressivement et uniformément, côté par côté. Une mauvaise tension donne prise au vent et accélère l’usure.

Entretenir, réparer et choisir sa bâche de remplacement

Nettoyer et réparer

Un nettoyant doux, de préférence naturel, suffit pour retirer mousses et poussières et redonner de la lumière. Évitez les produits agressifs. Pour une petite entaille, un adhésif ou ruban répare-bâche suffit ; une déchirure supérieure à 10 cm mérite d’être réparée sans attendre, sous peine de voir le vent l’agrandir. Si le film est opacifié ou cassant, le remplacement s’impose.

Prédécoupée, au mètre ou sur mesure ?

Pour une serre tunnel standard, la bâche prédécoupée est la solution la plus rapide, avec des corps, des pignons (autour de 20 à 24 € en 150 g/m²), des portes et des kits complets autour de 99 €. Le film au mètre convient aux structures atypiques, et la confection sur mesure, sur devis, aux dimensions particulières. Avant de commander, mesurez vos arceaux et la longueur de la serre, vérifiez le mode de fixation, puis comparez épaisseur, traitement anti-UV et garantie. À budget égal, mieux vaut un 200 microns correctement traité qu’un film plus fin remplacé tous les deux ans.

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